Terra Mater

Une terre sous l'autorité despotique d'un Empereur que nul n'a jamais vu...
 
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 Petit-déjeuner au palais...

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[PNJ]Edgar
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MessageSujet: Petit-déjeuner au palais...   Mar 26 Aoû - 15:45

Les Cuisines, l'un de ces endroits fourmillants de la Citadelle où se pressaient serviteurs, lingères, coursiers, marmitons et autres, s'étalaient sur une large partie de l'Aile Communale, sous la direction autoritaire et exclusive de la Cuisinière, Margaret Clairchaudron, une énorme bonne femme à la voix tonnante et aux attitudes dominatrices qui enveloppait de sa bienveillante protection l'ensemble des domestiques du château, telle une mère-poule naine aux allures trop protectrices. Les deux yeux sans cesse attentifs nichés dans une large figure ronde voyaient tout, savaient tout, et on pouvait bien dire en son honneur qu'elle était probablement la personne la plus aimée, la plus respectée et jouissant de la plus grande influence au sein du peuple domestique de la demeure...

Maggie, comme chacun l'appelait depuis si longtemps que bien peu ne se souvenaient de son véritable prénom, vouait entre autres un sain respect pour l'autorité et une profonde vénération envers le Roi. Native de Corynge, elle avait passé sa vie dans l'obéissance fidèle et dans le respect des règles, et ce n'était pas aujourd'hui que cela allait changer. Toutefois, quelque soit notre problème, notre malheur ou notre faute, on pouvait être sûr de son soutien, et elle faisait souvent figure d'autorité face à l'Intendant du palais qui, fort peu apprécié, déposait régulièrement des plaintes à propos de tel ou tel domestique.

- Voilà, c'est ici...


Edgar pénétra dans l'immense salle pleine de monde, précédée par la petite Avarielle croisée dans la Ville Haute, son éternel sourire innocent plaqué sur le visage. Saluant au passage de nombreux autres serviteurs et servantes, il traversa d'un pas nonchalant les couloirs de marmitons, de cuisiniers et de bonnes qui se pressaient autour des imposantes marmites. Il semblait connaître beaucoup de monde, et on se tournait généralement sur son passage pour le saluer avec un sourire.

- Allons, ne fais pas une tête aussi timide, fit-il à l'intention de Minam avec sa gentillesse maladroite. Tout le monde est très gentil, tu verras...

Puis, se tournant vers la Cuisinière qui s'affairait dans un coin, il lança :

- Maggie ! Viens voir qui je t'ai ramené !

La grosse bonne femme tourna vers eux son regard perçant, essuya ses mains pleines de farine sur son tablier blanc et s'exclama :

- Elle est si mignonne ! Qui est-ce ?

Edgar sourit, haussa les épaules et expliqua :

- On s'est rencontré dans la Ville Haute. Comme j'allais prendre un petit-déjeuner, je me suis dit que j'allais te l'amener...

- Tu as bien fait, répondit la Cuisinière avec le large sourire réjouit de la poule qui voit s'ajouter à ses poussins un nouveau protégé. Mangez, vous êtes aussi maigres l'un que l'autre...

D'un geste impérieux, elle envoya chercher par une servante un large plateaux de gâteaux orientaux tapissés de miel sortants à peine du four.

- Tes préférés, fit-elle à l'intention d'Edgar, qui ne se fit pas prier pour en attraper un au passage. Alors, ma petite, comment tu t'appelles ?
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Minam Storm
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MessageSujet: Re: Petit-déjeuner au palais...   Mar 26 Aoû - 23:39

L'enfant trottinait joyeusement dans le sillage du jeune homme qui la conduisait aux Cuisines.
Ce dernier semblait connaître le Palais comme sa poche et Minam veillait à ne pas trop le perdre de vue au milieu des longs couloirs de marbre...
D'abord poussée par la curiosité, la petite fille était restée totalement enthousiasme à l'idée de visiter ces lieux mais peu à peu, elle devait bien avouer que cela avait commencé à l'effrayer.
Comme l'Avarielle était habituée à la Peur, elle en connaissait les signes et parvenait à les contrôler avant qu'ils ne la contrôlent.
Elle ne voulait surtout pas paraitre paranoïaque, aussi s'appliquait-elle à oublier sa maladie.
Quand on lui demandait si ça allait, elle répondait toujours par l'affirmative parce que c'était en convainquant les autres qu'elle se convainquait elle-même.

Alors que son regard, aussi limpide qu'un café, croisait sans les voir les nombreux ouvriers, Minam devina qu'ils approchaient car son guide ralentissait l'allure.
En entrant, l'enfant resta scotchée au milieu des plus vastes Cuisines qu'elle n'ait jamais vues.
Il y avait ça et là un panel impressionnant de mets parfumés qui fumaient dans les marmites en fer blanc et au-dessus desquelles s'impatientaient les restaurateurs.
Tout semblait danser, de la cuisinière aux marmitons et dans un rythme endiablé, ce beau monde paraissait œuvrer pour le plus grand des festins.

Au prix d'un effort démentiel, Minam se détourna et entreprit de sortir ses mains de ses poches.
Comme ses yeux noisette détaillaient innocemment la grosse dame vêtue de blanc, elle se mit à sourire doucement.
Cette femme aurait pu être la Terre elle-même, tellement la générosité transparaissait dans ses traits.
Etrangement, elle lui rappelait en sorte la mère qu'elle aurait toujours voulu avoir et qu'elle imaginait princesse d'une grande contrée.
A cette pensée, l'Avarielle se sentit coupable et son gai visage s'assombrit brusquement.

* On n'a pas le choix.*

Levant la tête pour soutenir le regard bienveillant de son interlocutrice, Minam passa une main devant son front pour en dégager une mèche rebelle.
Elle jeta un oeil à Edgar comme pour chercher confirmation puis se lança bravement :

- Je ne suis pas si maigre, madame et je peux vous assurer que je mange à ma faim !
Quatre repas par jour maximum !
Faut dire que je m'en sors pas si mal, avec mon job de receleuse...

Presque aussitôt, elle s'approcha de la table avoisinante et dans un joyeux tintamarre, elle déballa le contenu de son sac rapiécé. Contenu qui se révéla aussi insignifiant d'hétéroclite.
Des cornes à musique, un carnet effeuillé, un miroir ébréché, des plumes noires...
Aux yeux de Minam, c'était un trésor.
La gamine adressa un sourire paisible à ceux qui l'entouraient puis elle entreprit de tout ranger avec un soin calculé.
C'est à cet instant qu'elle se rappela la question. Qui était-elle ?
Un nom suffisait. Un simple mot solitaire, si dur à prononcer...
D'une main nonchalante, elle saisit un gâteau en souriant avec gratitude.

Je n'aime pas dire comment je m'appelle... C'est dangereux.

L'expression de son visage enfantin était devenue indéchiffrable et elle aurait put plaisanter autant que mettre en garde sur ce détail insignifiant qu'était l'identité.
Minam avait baissé les yeux et mangeait silencieusement, songeant qu'elle appréciait ses hôtes mais ne s'apercevant pas qu'elle s'en éloignait.
Parfois, la Peur agissait comme un barrage et l'empêchait de vivre pleinement sa vie.
Il fallait qu'elle avance coûte que coûte...
Quelle était la recette de ces gâteaux ? Ils étaient excellents !
La petite fille contemplait la cuisinière d'un air inquisiteur et se surprit à vouloir lui demander quand elle se rappela où elle se trouvait...


* Un Palais ne délivre jamais ses secrets... *
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[PNJ]Edgar
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MessageSujet: Re: Petit-déjeuner au palais...   Mer 27 Aoû - 1:08

Edgar, un peu surpris de la réaction soudain plus méfiante de la petite Avarielle, haussa les épaules et décida d'attribuer tout ça à son excitation de visiter la Citadelle. Elle n'avait pas fait d'histoires pour lui parler d'elle, quelques minutes auparavant, mais il s'apercevait soudain qu'il ne savait effectivement pas comment elle pouvait bien s'appeler...

Avec un sourire joyeux, il attrapa au vol deux gâteaux au miel qu'il mangea avec appétit, appréciant visiblement les pâtisseries avec l'air du connaisseur. Il adorait venir prendre un petit-déjeuner ici, surtout vers les 10h, quand les Cuisines fourmillaient de monde et qu'il régnait dans l'air un brouhaha ambiant, écho d'un millier de voix surexcitée et piaillantes qui résonnaient dans la vaste salle de pierre blanche.

D'un ton nonchalant, il répondit à la petite fille :

- Bah, fais comme tu veux. C'est pas grave si tu ne veux pas nous donner ton nom, chacun a ses petits secrets...

Inconsciemment, comme pour appuyer ses dires, il porta une main à son chapeau avant de l'en retirer précipitamment. En ce qui concernait l'identité, elle avait raison sur un point : donner son identité à n'importe qui pouvait se révéler dangereux, très dangereux... En revanche, elle se trompait sur le reste. Un nom, ça n'avait aucune importance ; on pouvait le modifier, le dissimuler, en changer...

Par contre, ce qui constituait notre identité, ce qui était capital, c'était de ne pas montrer son visage à ses ennemis ; car on ne pouvait espérer dissimuler éternellement sa figure, et il était moins facile d'en changer que de se constituer un nouveau patronyme...

Il fut un instant surpris en découvrant le travail de sa petite accompagnatrice. Lui qui l'avait prise pour une mendiante, elle était en fait l'un de ces vendeurs à la sauvette qui alpaguaient les clients et qui pratiquaient des prix au rabais en espérant refiler leur marchandise à des pigeons trop crédules...

- Au fait ! Lança-t-il soudain en se frappant le front du plat de la main. J'ai failli oublier ! L'Intendant vous fait savoir que Son Altesse souhaite organiser un banquet en l'honneur des ambassadeurs du Petit Continent, et il vous demande de préparer quelques plats de ces régions-là à leur servir en marque de respect...

La Cuisinière acquiesça en grommelant contre cette vieille tortue qui ne cessait de lui donner un surplus de travail et retourna à ses fourneaux non pas sans les avoir gratifiés d'une généreuse portion de gâteaux. Edgar, qui considérait que sa tâche était finie une fois le message passé, en engloutit encore trois avant de s'arrêter, incapable de continuer.

- Bon, on y va ? Demanda-t-il en se levant d'un geste enthousiaste.

Il n'allait pas tarder à devoir la quitter, car il avait des affaires urgentes à régler, des affaires qu'il ne pouvait laisser de côté trop longtemps et qui ne souffraient d'aucun retard. Il était désolé de devoir lui fausser compagnie si vite, mais il n'avait pas le choix, et bien qu'il aurait aimé rester plus longtemps il ne pouvait en aucun cas passer sa journée en compagnie d'une gamine, aussi mignonne soit-elle...

- Je dois m'en aller, fit-il une fois qu'ils furent arrivés dans l'un des nombreux couloirs de la Citadelle. Si tu descends ces escaliers à gauche, tu tomberas sur l'entrée des domestiques qui mène à l'Arche d'Argent... Au revoir, et bonne chance pour la suite !

Une fois qu'il eût fini de lui dire adieux, il tourna les talons et s'enfonça dans l'un des nombreux couloirs tortueux de ce labyrinthe éblouissant d'or et de nacre que constituait le Palais...
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