Terra Mater

Une terre sous l'autorité despotique d'un Empereur que nul n'a jamais vu...
 
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 Tourisme de prolétaire

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Minam Storm
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MessageSujet: Tourisme de prolétaire   Jeu 28 Aoû - 12:34

Comme l'enfant restait bien sagement dans les Cuisines en compagnie de la grosse dame nommée Maggie et du serviteur Edgar, ce dernier déclara bientôt qu'il devait partir.
Elle l'observa alors d'un regard presque triste, que l'on aurait pu qualifier de chien battu, bref tout ça pour dire que la gamine ne ressentait aucune envie de partir.
Sans le vouloir et peut-être sans s'en douter aussi, Edgar lui avait servi d'excuse pour se promener allègrement dans les couloirs luxueux de la Citadelle.
C'était idiot mais sans passe-port, jamais elle n'aurait pu s'y risquer et bien qu'elle ait déjà essayé à plusieurs reprises avant, Minam savait pertinemment qu'elle n'aurait pas dépassé le hall d'entrée.

Question de physionomie sûrement, elle aurait fait sacrément tâche dans ce décor kitch et puis les nantis ne supportaient pas qu'on leur rappelle la misère qui les entourait...
Il ne fallait surtout pas qu'ils se sentent coupables d'écraser les autres tout en les parasitant !

Le fait qu'Edgar se préoccupe autant de son large chapeau, grand, il est vrai mais ce n'était qu'un simple accessoire, ne lui avait pas échappé et elle se demandait ce qu'il pouvait bien cacher.
Dans son métier, il fallait bien avouer qu'on aimait les petits détails qui pouvaient autant fausser une œuvre que la rendre unique.

Minam appréciait la compagnie discrète du jeune homme et comme elle ne voulait pas se brouiller avec lui, (ce n'était pas tous les jours qu'elle se faisait des amis aussi utiles) elle décida de rien lui demander...
De toute façon, elle-même ne lui ayant pas dit son propre nom, on ne pouvait pas dire que la confiance régnait... Et c'était un peu de sa faute.
Alors qu'elle se dirigeait lentement vers la sortie des Cuisines, l'Avarielle s'arrêta et se tournant vers Maggie qui veillait au loin, elle lui adressa un signe qui aurait pu signifier n'importe quoi quand on ne connaissait pas le langage de son peuple.
C'était son nom qu'elle lui avait laissé.

Au milieu du long couloir par où ils étaient venus, la petite fille commença à paniquer.
Elle ne se souvenait plus de ce qu'elle devait faire !
A dire-vrai, elle stressait tellement qu'elle en avait perdu la mémoire et plus elle tâchait de se rappeler, plus ses souvenirs la fuyaient...
Des bribes de conversations dans la grande salle bruyante...


* L'entrée des domestiques ? Non, la sortie ! A gauche, premier couloir ? Argh...*

Horrifiée, elle se prit la tête dans les mains, sans toutefois cesser d'avancer vers une destination qu'elle ne maîtrisait pas.
A deux reprises, elle manqua de faire trébucher des valets chargés de coffres volumineux qui courraient plus qu'il ne marchaient, avec une expression aussi angoissée que la sienne.
Minam se retourna pour les observer, elle avait presque les larmes au yeux...
Ce fut lorsqu'elle débarqua dans une antichambre généreusement éclairée que les choses commencèrent à se corser...
Durant toute sa vie, elle avait vécu avec une épée de damocles au-dessus de la tête mais jamais cependant, elle n'aurait pensé à l'existence d'un mauvais œil.
Et là c'était le Destin qui s'acharnait sur elle...

La pièce carrée, à la symétrie quasi parfaite, était encadrée par quatre escaliers comme les points cardinaux et Minam n'avait pas la moindre idée de celui qu'il fallait prendre.
Bien sûr, elle aurait pu demander aux messieurs qui gardaient chacune des sorties mais ils ne paraissaient vraiment pas commodes.
Timidement, elle s'approcha de l'escalier Nord, s'attirant un grognement du colosse.

- S'cusez-moi, ça va ?... J' cherche la sortie...

Vu ce qu'il lui lança, elle comprit instantanément que ce n'était pas ça qu'il fallait dire.

* Khyrat... *

- Moi, je veux bien te faire sortir, petite !

Et il appuya bien évidement sur le "petite"...
Pendant un moment qui parut interminable, le temps sembla se ralentir comme une horrible mécanique et on pouvait voir toute la peur du monde dans les yeux enfantins.
L'énorme poing filait à une vitesse vertigineuse et puis soudain, il s'arrêta, brusquement.
Avec son air terrible, le gardien se retourna, tournant le dos à la gamine.
Cette dernière profita du fait que son poids le rendait incroyablement lent pour filer dans la direction opposée.
Elle évita de justesse le garde qui se trouvait à côté de l'escalier qui jouxtait la porte et rappela son golem.

Une simple tape sur l'épaule avait suffit à lui sauver la mise.
Décidément, la Magie se révélait être l'arme des petits.
Encore un peu sous le choc, l'enfant piétina des heures durant dans l'enchevêtrement de couloirs qui s'étiraient et se rejoignaient comme une fine toile d'araignée.
Elle n'aurait pas su dire depuis combien de temps elle hantait la Cité d'ivoire.
Quand enfin, à bout de forces, elle finit par s'écrouler au milieu d'un carrefour de voies disparates.
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[PNJ]Edgar
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MessageSujet: Re: Tourisme de prolétaire   Jeu 28 Aoû - 20:05

Le labyrinthe de couloirs où s'était écroulée la petite fille était profondément enchevêtré dans la Citadelle, si loin que même les gardes du Palais n'y avaient pas accès, et il y régnait un silence de mort qui conférait à cet étalage de luxe et de beauté une atmosphère presque angoissante. De riches tapisseries ornaient les murs, certaines -toutes différentes- brodées de motifs exquis et délicats tandis que d'autres racontaient les légendes de héros oubliés rencontrant monts et merveilles dans des contrées fictives, parfois ornées de fil d'or et d'argent, de petites perles de nacre, de pierres semi-précieuses et de verre délicatement sculpté qui ondulait et miroitait sous les lumières colorées des lustres de cristal qui surplombaient le carrefour.

De part et d'autre de la pièce, des couloirs serpentaient vers les hauteurs, baignés de cette lumière blanche aux reflets irréels qui traversait les rideaux vaporeux pour couler paresseusement le long des lattes vernies qui constituaient le parquet de bois rare. Des meubles à l'aspect ancien, désuets mais admirablement bien conservés, côtoyaient les courbes élégantes de fournitures modernes en marbre ou en bois blanc, taillées d'une seule pièce et probablement vendues en exemplaires uniques. L'endroit respirait la tranquilité, l'indolence et le raffinement, mais on y distinguait également par-dessous une certaine note de solitude. Autant le reste de la Citadelle semblait agité et fourmillant d'excitation, autant ce quartier-là était aussi vide et désert qu'un beau bijoux que l'on n'ose porter de peur de l'abîmer.

Soudain, des sons indistincts parvinrent jusqu'à l'oreille aiguisée de l'Avarielle en goguette, qui trouva la force de s'engager dans l'un des couloirs de droite pour se rapprocher d'une petite porte discrète en bois de hêtre, à peine rehaussée d'une poignée d'argent aux délicats motifs sculptés. Celle-ci était à peine entrebâillée, et la petite fille put donc coller un œil contre la fente pour discerner une petite partie de ce qui semblait être un salon privé. De l'autre côté de la pièce, un jeune homme que Minam reconnut pour l'avoir quitté il y a à peine une heure semblait s'entretenir avec un interlocuteur hors de son champs de vision, dont la voix masculine avait attiré l'attention de la gamine.

" ... jamais entendu parler de tout cela. C'est incroyable que personne ne s'en soit rendu compte avant, non ? Je veux dire, ce n'étais pas comme si on parlait d'un endroit inconnu, perdu quelque part au fond des montagnes du Petit Continent, ou sur une île vierge de l'Archipel Sauvage... "


La personne qui parlait semblait assez âgée à la petite Avarielle, disons dans la vingtaine... Elle s'exprimait d'une voix claire, égale et mesurée, et on sentait d'instinct que c'était quelqu'un de raisonnable et en qui on pouvait avoir confiance.
Edgar, assit sur une chaise en face d'un petit bureau et d'une large glace au cadre doré, reprit alors la parole d'une voix très différente de celle que Minam lui connaissait :

- Il ne faut pas que quelqu'un d'autre que nous apprenne ce qui a été découvert. Je me suis occupé du silence de ce type, et il ne parlera à personne de ce qu'il a vu. Maintenant, il faut encore que je me rende sur place avant que d'autres ne s'aperçoivent de quelque chose...

- Se rendre sur place ? Toi ? Objecta la seconde voix avec une certaine once de circonspection dans la voix. Pourquoi ne me laisses-tu pas plutôt m'en charger ? Je ne suis pas sûr que ce soit une excellente idée de trop se révéler comme tu le fais, et puis ce n'est pas franchement dans tes cordes, ce genre de travail... Si tu me le permets, je chercherais quelqu'un pour m'accompagner, et sous vingt-quatre heures tu auras... (il eut une hésitation) ... ce que tu cherches.

Edgar, fronçant les sourcils, secoua la tête en signe de dénégation.

- J'irai, coupa-t-il de cette voix étrangement sûre et pleine d'autorité. Cela fait longtemps que je ne suis pas sorti d'ici, et j'ai besoin de respirer un peu avant de retourner m'enfermer dans cette prison si étouffante. Pour ce qui est de la seconde personne, j'ai déjà une idée en ce qui me concerne, alors laisse-moi m'occuper du reste...

Son visage auparavant si sympathique était froid et sévère, mais on n'y discernait aucune méchanceté. Il se tenait différemment, aussi, plus droit et plus rigide, ce qui lui donnait un maintien un peu martial. Ses yeux verts pâles avaient pris une teinte cassante, proche de celle du verre, mais on y distinguait également une faible lueur de fatigue.
Il y eut un silence, une hésitation lourdement marquée et son interlocuteur répondit :

- Bien... Fais ce que tu veux, après tout. Ce n'est pas à moi de te dire comment gérer tes affaires...


Edgar soupira et ses épaules s'abaissèrent avec lassitude.

- Excuse-moi, je n'aurais pas dû te parler comme ça. En ce moment, je suis sans arrêt à cran, mais ça ne me donne pas le droit d'être désagréable.

Il s'interrompit un instant, secoua la tête et se redressa, reprenant contenance.

- Maintenant laisse-moi, s'il-te-plaît, dit-il d'une voix plus douce. J'ai encore beaucoup de choses à régler avant de me mettre en route...

La petite Avarielle à l'affut entendit un froufrou, comme le bruissement d'un vêtement et le grincement d'une porte que l'on ouvre. Quant les pas eurent disparu au loin, Edgar se tourna vers la glace qui renvoyait un reflet légèrement déformé et porta une main à son chapeau. Soudain, il s'immobilisa, comme à l'écoute du plus petit bruit. Son regard se tourna vers là où l'Avarielle était tapie et il se leva, franchit en quelques secondes les quelques mètres qui le séparaient du chambranle et ouvrit grand la porte...
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Minam Storm
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MessageSujet: Re: Tourisme de prolétaire   Ven 29 Aoû - 22:37

Horrifiée, Minam bondit comme un diable en boîte. Il semblait qu'elle avait mal géré sa tentative d'espionnage et voilà qu'à présent, elle se retrouvait nez à nez avec l'un des deux conspirateurs.
L'ennui c'est que celui-là n'en restait pas moins son "ami" et elle se demandait avec grand effroi comment il allait réagir en voyant qu'elle avait écouté la quasi totalité de leur conversation.
En tout cas, il y avait alerte rouge. Il fallait qu'elle se sorte immédiatement de ce mauvais pas.
Tandis qu'elle tâchait de lire dans les grands yeux verts une éventuelle colère, la gamine ne savait plus où se mettre et elle murmurait sombrement comme une liturgie.

Ses deux mains semblaient être en proie à une activité obscure et s'agitaient convulsivement telles des tentacules de pieuvres empoisonnées.
C'est alors qu'elle leva un index frémissant vers le jeune homme qui lui faisait face.
Son expression paraissait partagée entre le doute et la douleur puis elle parla, rien d'anecdotique et terriblement convaincante pour une simple enfant :

- Quand on a des choses à cacher, il faut s'attendre à ce qu'elles soient découvertes.
Vous auriez du le prévoir. Considérez-moi comme un simple témoin de votre évolution.

Alors elle recula sans le lâcher du regard, fourrant ses mains moites dans ses poches.
Un sacrifice pouvait faire diversion, une attaque pour se défendre. Si la question était plus forte et plus grave que la réponse, il n'y aurait aucun problème : elle gagnerait la partie.
Seulement, c'était plus dur qu'elle n'y pensait car ce serait l'amitié sur l'autel.

C'est quoi le truc avec le chapeau ?

Depuis leur rencontre, ce type n'avait cessé de l'intriguer à ce propos.
En plus de satisfaire sa curiosité naturelle, elle espérait également lui faire oublier le reste.
Cela devait être extrêmement important ce petit détail pour qu'il veuille s'en charger lui-même.
Est-ce qu'il s'agissait d'un problème qu'il y avait dans sa tête ?
Ou alors, un soucis de calvitie ? Quand même, Edgar ne paraissait pas si vieux et cela revenait à dire que l'autre gars était spécialisé dans la chevelure.
Bizarrement, Minam trouvait sa voix bien trop placide pour un coiffeur.
Il y manquait cet esprit jovial de commerçant et cela elle était bien placée pour le savoir.

L'Avarielle renifla d'un air ennuyé, pensant qu'elle n'y comprenait rien.
Aucune logique dans tout ça...Et puis, il y avait plus important pour le moment.
Elle observait toujours l'humain, dans l'attente d'une réponse qui pourrait alors bouleverser sa vie à jamais.
Peut-être qu'elle ne pourrait plus jamais penser après cela...
Finies les promenades champêtres dans la banlieue, adieux les marchés clinquants de la capitale et les messes basses des trafiquants.
Le pire, c'est que c'était dans ces instants glacés passés dans l'antichambre de la désolation que l'on se rendait compte à quel point la vie restait précieuse.

Mais elle n'allait pas attendre tranquillement son jugement.
Quoi qu'il arrive, elle trouverait un moyen de s'en sortir.
Seulement, plus l'attente s'éternisait, plus sa capacité à espérer s'effritait.
Elle n'aurait jamais du écouter aux portes.
Maintenant, voilà qu'elle allait crever avant même d'avoir atteint sa majorité...
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MessageSujet: Re: Tourisme de prolétaire   Sam 30 Aoû - 0:52

Contrairement à ce à quoi on aurait pu s'attendre, Edgar réussit à dominer de manière surprenante l'émotion qui l'assaillit en découvrant la petite fille cachée derrière la porte du salon privé. Une légère lueur de stupeur dansa dans ses yeux verts, un faible tremblement agita sa lèvre inférieure et il eut un instant de mutisme où, le regard fixé sur l'importune, il battit doucement des cils en tentant de faire le point sur sa situation.

Il devait bien admettre que ce qui arrivait était en grande partie sa faute. Tout d'abord, c'était lui qui avait amené cette gamine jusque là, dans la Citadelle, et il ne pouvait donc en imputer la responsabilité à personne d'autre. En outre, il lui paraissait à présent évident qu'il aurait dû la surveiller jusqu'à ce qu'elle ait passé la porte de l'Arche Ecarlate, au lieu de prendre congé à la va-vite comme il l'avait fait. Et, enfin, il reconnaissait non sans une certaine mauvaise grâce que tout ces mystères et ces petites cachotteries n'avaient fait qu'exciter la curiosité de l'enfant qui, logiquement, avait dû vouloir en découvrir plus par elle-même...

Pensif, il continua de l'observer de son regard pâle et sévère, si différent de sa douceur habituelle. Sa peau pâle et ses traits figés donnaient à croire qu'il eut été statufié sur place, et il était aussi immobile et froid qu'un bloc de marbre brut. Il n'avait pas l'air fâché, ni furieux, ni quoi que ce soit d'autre ; il la regardait simplement de cet air un peu absent, absorbé dans ses pensées, comme s'il réfléchissait à quelque chose de particulier. Ignorant sa question sur le chapeau, il agita les lèvres de manière inaudible, comme s'il se murmurait quelque chose à lui-même.

- Attends... Finit-il par dire en fronçant les sourcils, comme sous le coup d'une soudaine inspiration. Puisque tu es là et que tu as déjà entendu quelques détails sur notre petite affaire...

Son regard se dirigea vers le fond de la salle, là où son mystérieux interlocuteur avait disparu.

- Je dois... trouver quelqu'un, poursuivit-il lentement en baissant d'un ton. Quelqu'un de petit, d'agile et en qui je me fier sans risquer quoi que ce soit...

Comme elle le regardait sans comprendre, il précisa :

- Je veux que tu retrouves quelque chose, un objet pour moi. Il est caché dans un endroit très particulier et trop étroit pour que je puisse m'y glisser. Je pense que tu ferais à peu près la bonne taille pour passer, et si fais un effort pour me rendre ce service il est possible que j'accepte d'oublier cette légère... méprise.

Ses yeux verts se firent plus durs, plus menaçants, comme pour signifier que sous ses abords amicaux il n'en demeurait pas moins qu'il n'aurait aucune compassion le cas échéant. Lentement, d'une manière hésitante et saccadée, il lui tendit la main.

- Alors, ça te convient ?

En réalité, ce n'était pas vraiment un choix. Il ne lui ferait aucun mal si elle refusait, bien sûr, mais il était hors de question de la laisser repartir dans la nature avec ce qu'elle savait. D'accord, les informations qu'elle avait réussi à glaner n'avaient rien de très précis ou de particulièrement scandaleux, mais elles n'en demeuraient pas moins suffisamment importantes pour qu'on ne prenne le risque de les abandonner aux mains de n'importe qui...

De toute façon, il avait prit sa décision. Cette gamine était futée, débrouillarde et il lui faisait assez confiance pour savoir qu'elle serait capable de se sortir d'une situation périlleuse si il le fallait. Il aurait préféré ne pas impliquer dans ses affaires une personne innocente, mais il était maintenant trop tard pour avoir des remords, et il fallait bien qu'il en prenne son parti...
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MessageSujet: Re: Tourisme de prolétaire   Dim 31 Aoû - 19:42

Les grands yeux plein d'innocence de la jeune Avarielle s'éclairèrent d'une lueur intéressée.
Un objet ? Pensa t-elle. Voilà qui promettait, c'était en plus son métier. Son vrai métier...
Minam ne releva pas le fait qu'Edgar paraissait si solennel, pour elle il s'agissait d'une bonne partie de rigolade et rien d'autre.
Pas de chantage mais un véritable contrat honnête entre amis.
Elle n'envisagea même pas la possibilité qu'il y ait du danger.
Alors la gamine serra la main qu'il lui présentait, sauf que par mégarde, elle y échappa une vieille carte à jouer.
Comment c'était arrivé là ce machin, elle aurait parié qu'il avait glissé de sa manche ?...
Bref, un peu gênée, elle la reprit d'un geste habile et la fourra dans son sac pour ajouter au bazar.

- Au fait, quels seront mes honoraires ?

L'enfant avait très vite repris contenance et jetait sur son interlocuteur un regard plein d'espoir.
Pardi, il ne s'attendait quand même pas à ce qu'elle travaille pour rien ?!
Bon, ok, il était sympa donc elle lui ferait une remise mais parce c'était lui !
En attendant, pas question de se faire exploiter comme ça simplement parce qu'elle avait écouté aux portes...
Surtout qu'elle n'avait strictement rien compris à leur conversation bizarre mais cela, elle se garderait de le dire...
Minam tourna la tête vers les murs crème puis reporta son attention sur le jeune homme aux yeux verts.
Un bref instant, ses yeux s'envolèrent par-dessus son épaule et elle observa la pièce qui avait servi, cinq minutes plus tôt, de salle de réunion.

Elle est planquée où cette chose ? C'est loin d'ici ? Comment je suis sensée m'y rendre ?

L'Avarielle se rendit compte qu'elle venait d'accepter un travail dont elle ne connaissait pas les détails.
Elle s'était quasiment précipitée, sans réfléchir. Décidément, sa passion pour les objets finirait par la tuer.
Probablement qu'elle faisait également un peu confiance à Edgar, avec cet air si gentil, elle ne l'aurait jamais vu lui refiler un boulot pourri.
Néanmoins, il fallait croire que celui-là avait changé et il ne ressemblait plus à cet ange bienveillant qui l'avait guidée à travers les rues silencieuses de l'Arche d'Argent.
Mais il était peut-être en colère après ce qu'elle avait fait.
Toutefois, il ne lui avait pas crié dessus et c'était encore plus inquiétant, avec ce visage glacial.

Pourquoi tu ne rigoles plus ? Interrogea t-elle tristement.

Je sais que je n'aurais pas dû, désolée...
De toute façon, j'ai rien compris à votre conversation de grandes personnes.

La petite fille grimaça puis regarda ailleurs d'un air de remords.
Enfin, elle fit quelques pas dans le couloir pour s'éloigner légèrement de cette place qui commençait à l'angoisser.
Elle n'aimait pas rester figée pas plus qu'elle n'aimait tourner en rond et tout ce qu'elle souhaitait, c'était d'avoir un endroit où aller.
Minam se rappela alors les paroles d'Edgar de l'autre côté de la porte.
Lui non plus n'appréciait pas l'enfermement mais dans ce cas, pourquoi ne souriait-il plus ?
Elle ne voulait pas lui causer des ennuis mais sans doute se surestimait-elle ?
Il n'y avait qu'à ses parents qu'elle pouvait causer du tort, toute enfant qu'elle était.
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MessageSujet: Re: Tourisme de prolétaire   Mar 2 Sep - 20:54

Edgar, partagé entre la colère (moins contre elle que contre lui-même, qui s'était fait surprendre si facilement), le soulagement (même si il s'en était fallu de peu, elle n'avait encore rien découvert à son sujet), la stupéfaction (en plus, non contente d'avoir fourré son nez là où elle ne devait pas, elle osait discuter affaire avec lui !) et l'amusement (décidément, cette gamine était vraiment trop culottée...), ne savait vraiment plus où donner de la tête. Par un étrange coup du sort, il avait impliqué dans une affaire plutôt délicate cette petite Avarielle des quartiers pauvres, et il ne savait pas si il devait se sentir satisfait ou coupable : satisfait d'avoir trouvé en un rien de temps la personne toute indiquée pour ce travail, et coupable de devoir continuer à se servir d'elle et à lui mentir sans qu'elle ne se doute de rien...

Après une brève discussion pour décider des honoraires (elle s'était défendue comme une tigresse et, avant qu'il comprenne quoi que ce soit, il avait dû lui céder une somme largement supérieur à celle qu'il s'était fixée au départ), il se mit à marcher à côté d'elle dans les longs couloirs de la Citadelle, comme si de rien n'était, parlant à voix basse de ce en quoi consistait exactement ce petit "boulot" :

- Ce n'est pas très loin d'ici, dans les Gorges du Carahoc... Tu es déjà allée près des Monts Calept ?

Comme elle répondait par la négative, il poursuivit :

- C'est à une cinquantaine de kilomètres de la ville, et à pied il faudrait quelques jours de marche pour y arriver, à condition d'avoir de bonnes jambes... Par contre, nous, on va louer des chevaux pour y aller, alors on en sera quitte pour une demi-journée et ça sera tout.

C'était pour ça qu'il était urgent de partir le plus tôt possible. Avec tout les monstres et les animaux errants qui rôdaient dans les parages, il valait largement mieux être aux Gorges en fin de journée plutôt que de devoir faire le trajet en pleine nuit...

- Tu sais pourquoi on appellait le Carahoc "les Gorges Rugissantes" ?

C'était une vieille histoire, une histoire qui remontait à plusieurs générations déjà, mais l'appellation inutilisée s'était peu à peu perdue, et seuls les plus anciens et les plus érudits avaient eu vent de cette histoire. D'ailleurs, si Edgar connaissait ce vieux nom, c'était uniquement parce qu'Il lui en avait parlé. Et qui pouvait savoir d'où Lui, toujours si bien informé, tenait ses renseignements... ?

- Cela date de l'Age Ancien, avant la formation des Cinq Royaumes. Je ne sais pas si tu en as entendu parler, mais il y avait plein de choses avant, des Machines que les hommes construisaient, et elles faisaient toutes les tâches et tout les travaux à leur place... On raconte qu'il y avait l'une de ces Machines au Carahoc, un "Barrage", comme ils l'appelaient. Elle était immense, comme une énorme barrière de métal qui traversait le précipice d'un bout à l'autre sur des kilomètres. Si on l'avait construit là, c'est parce que dans ces temps si reculés, le Carahoc n'était pas une faille mais le lit d'un immense fleuve...

Ses yeux se faisaient nostalgiques, rêveurs, comme quand il parlait de ces constructions étranges qui donnaient à l'homme le pouvoir des Dieux. Peut-être aurait-il aimé les voir, un jour, ces gueules d'acier qui brisaient l'élan des vagues...

- Mais, quand le Grand Cataclysme arriva et quand toutes ces Machines furent détruites, le Barrage fut brisé, toute l'eau se déversa dans la Mer Centrale et le fleuve se tarit. Je ne crois pas vraiment à ces histoires - je veux dire, comment pourrait-on empêcher un fleuve tout entier de couler ? Mais je sais... (et sa voix se fit plus hésitante) ...je sais qu'on a retrouvé des traces d'une construction à cet endroit-là, alors peut-être que...

Il haussa les épaules. Tout cela ressemblait fort à un conte pour enfant, et il n'était pas du genre à tendre l'oreille aux racontars de bonnes femmes, mais il est vrai que certains aspects de cette histoire rendaient les choses un peu... dérangeantes.

- Bref, la suite de la légende voudrait que ce Barrage, qu'on prétend détruit, ne le serait en fait pas, et qu'il aurait été dissimulé dans un endroit où on ne pourrait le trouver... C'est absurde, on ne peut pas faire disparaître toute une construction comme ça, surtout si elle est aussi grande qu'on le dit, mais... Il y a quelques temps, quelqu'un m'a dit qu'on avait découvert une grotte un peu étrange dans les environs, à l'endroit même où le Barrage est censé se trouver...

Le "quelqu'un" en question, il ne faisait aucun doute que c'était son mystérieux interlocuteur. Quand à celui qui avait découvert la grotte, c'était probablement le "type" mentionné plus tôt par Edgar, et dont il avait fallu assurer le silence pour garder les bénéfices de cette découverte...

- Je sais, tu dois te demander quel est le rapport avec toi, ou avec l'objet que tu dois chercher... En fait, c'est simple : disons que le mécanisme qui commande -qui est censé commander- le Barrage est assez compliqué, et qu'il faut une clé pour le faire fonctionner...

Il se mordit la lèvre. Ca faisait sans doute beaucoup d'informations en même temps pour une gamine aussi jeune, mais il fallait bien la mettre au courant. Elle devait saisir l'importance que cette découverte pouvait avoir - pas seulement sur eux, mais sur le monde tout entier. Les vestiges de l'ancienne époque était rares, et à vrai dire jamais auparavant on avait entendu parler d'une Machine qui soit encore en état de marche...

- Pour la clé, je te donnerai plus de détails quand on sera sur place, d'accord ?

Tout en se dirigeant vers les écuries, il la prévint :

- Cependant, n'oublie pas que ce n'est pas un secteur réputé pour sa sécurité. Si je t'accompagne malgré tout le travail que j'ai, c'est aussi parce qu'il y a toute sorte de dangers, là-bas, alors évite de faire n'importe quoi et d'aller n'importe où sans mon autorisation. Et, surtout, reste dans mon champs de vision, compris ?

Sa voix était redevenue plus douce, et son visage était détendu comme avant. Heureusement, cette petite fille n'avait pas eu conscience des ennuis qu'elle avait faillit leur attirer, à elle comme à lui, et l'essentiel était qu'elle ne se soit finalement rendue compte de rien...

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