Terra Mater

Une terre sous l'autorité despotique d'un Empereur que nul n'a jamais vu...
 
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 Sur la route des vieilles inventions

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Minam Storm
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MessageSujet: Sur la route des vieilles inventions   Sam 6 Sep - 14:03

La douce lumière de l'après-midi enveloppait la grande plaine d'un lambeau doré et derrière les monts, la brume du matin disparaissait peu à peu, remplacée par de vaporeux nuages.
A la vue de la vaste place qui se profilait, cernée par un nuage de chaos qui venait des conversations aux alentours, Minam sourit, d'un air paisible que rien ne pouvait troubler.
Elle revenait vite d'où elle venait, ses modestes origines lui apparaissaient comme un monde de tolérance et d'égalité.
Tout était accessible, en bas, à la hauteur de l'enfant qu'elle restait et même en vivant dans un rêve, elle savait que personne ne l'emmènerait ailleurs.

La Ville Basse était forte de ses différences entre habitants venant de tous les horizons, il y avait un monde pour tous et cet Eden apparaissait à l'image d'une immense roue de Fortune, qui tournait, tournait, sans jamais s'arrêter afin de laisser sa chance à chacun.
Ils arrivèrent au coeur du Quartier des Bazars, dans ces dédales de rues qui semblaient suivre vos pas, à travers un écho de pierre.
Comme les immenses bâtisses émergeaient au détour de la ruelle, la petite fille retira ses mains de ses poches, elle savait qu'on ne pouvait avoir qu'en touchant, qu'un regard restait inexistant devant les plus beaux faits du monde.
On ne voyait pas si souvent des chevaux dans une vie pareille à la sienne, cela restait inexorablement un héritage de riches.

Un calme olympien régnait sur les Ecuries de Robin, à peine troublé par les bruissements des chevaux qui patientaient dans l'attente du prochain trot.
La jeune Avarielle observait d'un air rêveur les enclos plongés dans la pénombre des hangars, osant à peine s'approcher et jetant de temps à autre des regards appuyés au jeune adulte qui l'accompagnait, comme pour lui demander la permission.
Quand celui-ci s'avança vers l'établi, elle l'observa pensivement échanger toutes sortes de courtoisies avec le propriétaire bedonnant, formules polies qu'elle n'avait jamais entendues, même en rêve.

Elle ne comprit strictement rien à ce que ces deux-là racontaient, comme si un mur à solide consistance l'empêchait de voir leur univers en grande dimension.
Cela la rendit un peu triste sans savoir trop pourquoi, elle ressentait cette soudaine et étrange amertume qui lui disait de restait là, sans bouger et sans parler.
Puis en regardant Edgar, l'enfant comprit qu'il y avait un pouvoir. Un peu comme si sur son passage, des airs de nouveauté naissaient des promesses égarées.
Ce n'était pourtant pas un Magicien, quelle idée ! Elle l'aurait su avant même de lui parler parce que la Magie était une famille dont les pairs se reconnaissaient.

Il y avait quelque chose qu'elle n'arrivait pas à comprendre chez lui.
Pourquoi il s'investissait dans une telle mission qui paraissait si étrangère et comment faisait-il pour entraîner les gens dans sa quête, des gens de rien ?
Jusqu'à présent, elle avait toujours vécu par elle-même, c'était son choix de destinée. Une liberté en solitaire. Vivre pour son seul but.
Elle se contenta de chasser ces idées d'un simple geste de la main puis partit rejoindre le principal intéressé, qui semblait avoir conclu le tribut.
Alors, brusquement, elle comprit son interrogation.
En tout cas, si cela en était une pour une enfant plongée dans le sommeil.

- Dis, pourquoi est-ce que tu fais ça ?
Est-ce que c'est pour l'argent ? Comme moi ?

Depuis la nuit des temps, elle n'aurait su dire pourquoi les joyaux étaient devenus son unique credo.
L'argent qui vous donnait tout sauf les sentiments, l'argent qui vous apportait le confort et la sécurité ?
Elle avait pourtant eu conscience du danger que ce rêve hypocrite représentait, bien avant qu'il n'accapare sa vie.
Et voilà la raison qui faisait inconsciemment, elle ne pouvait s'empêcher de souhaiter que le piège subsistait encore, autour, dans les endroits qu'il n'avait pas encore frappé...
S'il était aussi pourri qu'elle ? C'était carrément impossible.

Mais elle vivait et survivrait grâce à ces vaines promesses qu'on lui avait mainte fois répétées avant de s'endormir.
Chaque coucher de soleil amenait de nouveaux nuages noirs mais demain, l'Aube reviendrait dans son éternel combat contre l'obscurité.
Parce qu'il ne fallait jamais cesser de croire, parce que l'argent rendait les choses possibles, parce que l'argent était l'espoir et la seule échappatoire...
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MessageSujet: Re: Sur la route des vieilles inventions   Mer 10 Sep - 11:52

Surpris par l'interrogation innocente (enfin, il le croyait...) de la petite Avarielle, Edgar répondit presque machinalement :

- Pour l'argent ? Non, j'en ai bien assez...

Puis, seulement après avoir parlé, il réfléchit à ce qu'il venait de dire et rougit violemment. Quelle réponse idiote ! Quel manque flagrant de tact envers cette gamine de la Ville Basse qui, rien que dans la journée d'aujourd'hui, devait sûrement avoir vu plus d'or qu'elle n'en verrait jamais dans le reste de sa vie...
Vraiment, ce n'était pas une chose à dire ! Il aurait aimé pouvoir reprendre ces paroles avant qu'elles n'aient franchi ses lèvres, mais il était trop tard et il dût se contenter de balbutier avec embarras, comme pour rattraper son manque de délicatesse :

- Hum... Désolé... Ce n'est pas ce que je voulais dire...

Il baissa les yeux, gêné, et chercha désespérément un autre sujet de conversation. Malheureusement, il n'était pas très doué pour ça, et rien d'intéressant à dire ne lui venait à l'esprit. Après tout, il n'avait pas encore répondu à la question qu'elle lui avait posée, alors pour se faire pardonner, il lui fit un clin d'œil et lança avec un sourire :

- Moi, je fais ça par devoir, et parce qu'il faut bien que quelqu'un le fasse... Je ne suis qu'un humble serviteur de l'Empire, ne l'oublie pas !

C'était une drôle de manière de parler, puisqu'en réalité il était censé être domestique au Palais. Cependant, dans sa bouche, ses mots prenaient un sens bien différent, comme s'il faisait allusion à quelque chose que lui seul pouvait comprendre...

A ce moment-là, ils furent soudain interrompus par Robin qui apportait des chevaux frais et sellés. Il y en avait deux, un immense animal blanc à la crinière pâle comme l'écume et un petit poney bai, trapu et vigoureux, qui mâchait encore quelques brins de paille d'un air placide. Leur tendant des rênes à chacun, le loueur les aida à monter en selle et les regarda s'éloigner, sabots frappant le pavé et mors cliquetant.

Le poney de Minam, qui répondait au nom amusant de Houlihan, était d'une nature douce et obéissant. Trottant d'un bon pas pour soutenir l'allure du grand étalon, il secouait de temps en temps sa crinière avec entrain, visiblement enchanté de cette petite promenade. A ses côtés, le cheval monté par Edgar avait plutôt l'air d'une force de la nature ; le front haut, le poitrail large et imposant, il ressemblait à l'un de ces palefrois gigantesques montés par les chevaliers de l'ancien temps lors des joutes et des tournois. Sa blancheur immaculée lui avait valu le surnom d'Avalanche, patronyme bien mérité puisqu'en haut de chaque colline on eût dit qu'il allait la dévaler dans un souffle de vent.

Une fois sortis de la Cité, ils prirent aussitôt le chemin des montagnes, marchant d'un bon pas. Il leur fallait forcer l'allure pour arriver le plus vite aux Gorges, mais les chevaux étaient résistants et ne paraissaient pas se fatiguer. Satisfait, Edgar regardait passer le paysage et menait sa monture sur les chemins les moins escarpés, essayant autant que possible de faciliter le passage à Minam qui venait derrière lui, et dont il ignorait si elle était à l'aise à cheval.

Souriant avec bonne humeur, il se retourna vers la petite fille et lança :

- Ca va ? Tu suis toujours, ou tu veux qu'on ralentisse un peu ?
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Minam Storm
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MessageSujet: Re: Sur la route des vieilles inventions   Sam 20 Sep - 23:18

La petite fille ne répondit pas et pour cause : elle dormait profondément.
La grosse écharpe pelucheuse qu'elle portait autour du cou avait glissé sur ses cheveux, lui conférant ainsi un semblant de nuit.
Cela faisait déjà un bon quart d'heure qu'elle s'était assoupie contre l'encolure de sa monture et la sereine cavalcade de cette dernière la berçait dans ses rêves cotonneux.
Au début, Minam avait tâché de ne pas perdre le fil parce que ce n'était pas tous les jours qu'elle s'essayait à l'équitation mais petit à petit, la fatigue l'avait emporté.

Parfois, elle ne dormait pas à l'atelier et enchaînait les heures comme de rien.
Les précédentes nuits, elle ne les avait effectuées qu'à moitié, contrariée à l'idée d'avoir oublié quelque chose sur son invention du moment...
Vu qu'il s'agissait du travail, elle pouvait bien se tuer à la tâche tant que ça lui rapportait un peu. Et ça rapportait toujours, elle le savait !
Ah, l'argent ! Il n'y avait que ça qui comptait à ses yeux...

Brusquement, son œil de miel s'ouvrit sur le monde et elle resta longtemps scotchée, sa joue contre la crinière du poney avant de se redresser en baillant, les larmes au yeux.
Elle possédait encore la marque coupable fortement imprimée sur le côté gauche de son visage. De ce fait, elle n'allait pas vraiment pouvoir argumenter de la manière suivante :
"C'est à moi que tu parles ? Eh, mais bien sûr que je t'écoutais ! La preuve : je n'ai pas lâché le cheval !"

Quand elle comprit que ce cher Houlihan avait fort bien trouvé le chemin tout seul comme un grand, elle ne put s'empêcher de ressentir une immense considération à son égard.
C'est vrai, il possédait un meilleur sens de l'orientation qu'elle !
Minam adressa son plus beau sourire à Edgar, celui qu'elle qualifiait de plus commerçant et présentable que les autres parce qu'elle avait passé des heures à le tester dans les rues chiquées d'Ysmir...

- Comment ? J'ai entendu que tu me parlais mais j'ai pas vraiment écouté, alors...

Bien en croupe, la gamine renifla d'un air distrait puis se frotta les yeux en soupirant.
ça, c'était une manière de faire comprendre au jeune homme qu'elle n'avait pas assez dormi et que c'était justement lui qui l'avait tiré de son sommeil réparateur tellement mérité...
Le pire, c'est que l'Avarielle ne le faisait jamais exprès mais étant habituée à parler franchement depuis toujours, elle ignorait qu'il fallait agir avec plus de discrétion devant tous ses interlocuteurs, en général.

De ses grands yeux plein d'amertume, Minam observait Edgar dans un silence quasi religieux.
Auparavant, ce dernier lui avait raconté quelque chose qui l'avait franchement étonnée.
Il faisait tout ça par devoir.
Autrement dit, il acceptait de vivre pour les autres et non pas pour lui seul...
Venant de quelqu'un comme lui, elle trouvait cela plutôt bizarre.
En vérité, elle ne le comprenait pas et ne voyait pas comment il pouvait vivre de la sorte.

* Mais après tout, cela ne me regarde pas...*

Il cherchait un leitmotiv comme tout le monde ou peut-être était-ce une façon de placer en d'autres mains la responsabilité qu'était la sienne ?...
"Un humble serviteur..." Il fallait vraiment y croire aveuglément.
Baissant les yeux sur son poney, la petite fille aperçut la petite bourse rembourrée perdue dans l'enchevêtrement de crinière.
Elle ce qui était sûr, c'est qu'elle ne se souciait pas du devoir, ni de rien d'autre...
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[PNJ]Edgar
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MessageSujet: Re: Sur la route des vieilles inventions   Mer 24 Sep - 22:35

Edgar, réprimant un sourire amusé à la vue de ce si attendrissant spectacle, se tourna vers la petite fille encore à moitié endormie pour lui lancer, pas dupe une seconde :

- Hmm... Excuse-moi de t'avoir réveillée ! Tu peux te remettre à dormir, si tu veux, de toute façon on n'arrivera pas avant deux heures au moins...

Elle était assez drôle, à le regarder avec un air de reproches manière de lui faire bien comprendre qu'il venait d'interrompre de merveilleux rêves. Elle avait l'air à demi plongée dans le sommeil, et elle écarquillait ses grands yeux enfantins embrumés par la fatigue. Reportant son regard sur la route pour qu'elle ne puisse pas voir sa moue amusée (elle aurait été capable de se vexer parce qu'il la regardait de cet air si adorablement attendri), il serra les jambes pour faire accélérer sa monture. Ils progressaient à bonne allure, à mi-chemin entre le pas et le trot, et les chevaux étaient effectivement assez endurants pour faire la route entre Ysmir et les Monts d'une traite. C'étaient de bonnes bêtes, dociles et endurantes, et Edgar se trouvait tout à fait satisfait, comme d'habitude, des services du loueur de chevaux.

Le jeune homme aux yeux pétillants de malice lâcha les rênes un instant pour rajuster sa coiffe. Ce n'était pas le moment de la perdre, avec le vent, la vitesse et tout. Un long moment passa, durant lequel aucune parole ne fut échangée, et le serviteur ne prit pas la peine de se retourner pour vérifier si la petite s'était rendormie. Il se sentait de plus en plus coupable de l'avoir entraîné là-dedans, même si il ne l'avait pas vraiment forcé et quand bien même elle recevrait une rétribution en échange de son aide. Ca n'était pas juste de l'entraîner dans une semblable aventure sans qu'elle ne sache parfaitement tout ce qui allait en résulter, et les risques qu'elle était en train de prendre. C'était une construction de l'Ancien Monde, après tout, et le jeune homme était bien placé pour savoir que la Technologie avait, sous certains aspects, pas mal de points communs avec la Magie : tout aussi imprévisible et difficile à contrôler, elle révélait de nombreuses failles de dysfonctionnement et la pratiquer en tant qu'amateur relevait presque du suicide.

L'ennui, c'est que personne n'avait d'informations sur les ouvrages technologiques construits par les humains de l'Ere d'Acier. Parfois, on trouvait par hasard dans des déserts ou d'anciennes ruines quelques machines qui se revendaient ensuite à prix d'or sur le marché noir ou à des particuliers. La plupart n'étaient pas en état de marche, et il n'en subsistait souvent que des morceaux de métal rouillés, mais ces vieilles inventions n'en continuaient pas moins d'attirer l'attention de riches collectionneurs. Théoriquement, il était strictement interdit de faire des fouilles ou même de posséder ce genre d'objets, mais cela ne décourageait pas les professionnels qui avaient fait de la chasse aux antiquités un commerce lucratif. L'Empire ne pouvait pas intervenir pour supprimer ce genre de pratiques et, tout au plus, pouvait punir ceux surpris avec de tels objets en leur possession. Mais cela suffisait rarement et, ainsi, la contrebande de machines persistait.

En ce qui concernait le Barrage, c'était très différent. Il était probable qu'il soit encore en état de marche, et c'était en tout cas précisément pour vérifier cela qu'il se rendait sur les lieux en personne, mais restait à savoir dans quelles conditions on pourrait l'activer... Le mécanisme était ancien, sûrement endommagé, et l'existence probable d'un quelconque système de sécurité n'était pas à exclure. Edgar savait bien qu'une fois la commande d'activation du Barrage lancée, il ne pourrait pas être immédiatement à côté de la petite fille, et elle se retrouverait donc sans protection au moment le plus critique. Si il se trompait et que le système de sécurité n'existait pas, ou qu'il ne fonctionnait pas, tout se passerait bien. Sinon...

Il secoua la tête. Mieux valait ne pas songer à cette éventualité, même si elle lui paraissait aussi injuste qu'atroce. Se dire qu'il pariait la vie de Minam sur un ensemble de suppositions et d'indications fumeuses ne l'aidait nullement, mais il lui fallait aller jusqu'au bout. Toutes les grandes découvertes ne s'étaient pas faites sans un prix terrible à payer en contrepartie, et s'était ce qu'il se disait en son for intérieur, même si cette pensée ne le soulageait en rien. C'était bien ce qu'il y avait de douloureux dans ce boulot, de devoir prendre des décisions qui risquaient d'impliquer la vie de personnes innocentes. Parfois, au nom du bien commun, on devait faire des choix, et tout choix impliquait des sacrifices...

Peut-être cette manière de penser était-elle cruelle ou fausse, mais le jeune homme préférait se protéger avec toute l'insensibilité qu'il pouvait rassembler plutôt que de devoir affronter ses propres remords. Un jour, il aurait à répondre des décisions qu'il avait prises, et des choix qu'il avait fait. D'ici là, il levait le menton d'un geste hautain et fier, redressait les épaules et tentait de garder un mental de roc que rien ne viendrait ébranler.

Imperceptiblement, il s'était relâché au fur et à mesure que ses pensées vagabondaient. Il se tenait plus droit, avait un maintien plus noble et son visage arborait une expression semblable à celle qu'il avait dans le Palais, calme, altière et presque un peu triste. Tressaillant en entendant un bruit au loin, il tira doucement sur les rênes d'Avalanche et baissa une main vers sa poche, ses doigts frôlant la froideur réconfortante du métal. Les loups qui hurlaient dans les Monts Calepts n'avaient que peu de chose à voir avec leurs cousins des plaines, et ils n'hésitaient pas à attaquer les voyageurs égarés si le besoin se faisait sentir. L'interdiction d'arme en vigueur chez toute personne pénétrant au Palais hormis les gardes (nombreux étaient ceux qui ne répugneraient pas à voir disparaître l'Empereur, et nul ne pouvait savoir d'où le coup risquait de partir) l'avait dissuadé de n'emmener autre chose qu'une simple dague, par ailleurs bien dissimulée dans une poche secrète de ses vêtements. En cas d'attaque, sa rapière aurait été bien plus efficace, mais tant pis...

Les chevaux stoppèrent soudain dans une secousse, incapables de continuer plus loin. En effet, leurs sabots frôlaient à peine le vide et au-dessous d'eux s'étendait une immense faille rocheuse. Perchés au sommet de la crête montagneuse, ils hennissaient et battaient du pieds avec nervosité.

- Le Carahoc...

Le faible murmure du jeune homme fut emporté par le vent qui s'engouffrait entre les pierres, et Edgar reporta ses yeux sur la longue ligne sombre qui traversait l'horizon, balafrant le paysage avec une violence et une grâce qui le laissait pantois. On aurait dit que la terre était fissurée, presque fendue en deux, tandis que de part en part du gouffre s'étalaient quelques arbres, buissons et fougères qui s'accrochaient aux parois abruptes comme du lierre à une statue. Ce paysage si célèbre, beau et désolé à la fois, semblait acquérir une dimension infinie sous les derniers rayons du soir. Bientôt, la lune nimberait de ses faisceaux d'argent les sombres roches rousses du Carahoc qui, pour l'heure, paraissait enflammé sous les éclats rouges et or du soleil couchant.

Éperonnant sa monture, Edgar la dirigea vers un petit sentier qui serpentait le long de la paroi, à quelques mètres de la falaise à pic. Le puissant étalon, qui paraissait pourtant un peu craintif, se mit néanmoins en roue d'un pied sûr, sans glisser ni trébucher sur les nombreuses aspérités de roc qui jonchaient le chemin. Cela valait mieux, car un seul faux pas et ils dégringolaient dans le trou sombre...

Arrow Les Gorges du Carahoc, maintenant (et oui, je te fais voyager...^^)
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